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Engraisser un mouton ou une chèvre pour la Tabaski : calendrier et rentabilité
La Tabaski crée chaque année un pic de demande prévisible pour les moutons, et dans une moindre mesure les chèvres. L'embouche — l'engraissement et la mise en condition d'un animal avant sa vente — permet de valoriser l'écart entre le prix d'un animal maigre acheté tôt et celui d'un animal engraissé vendu au bon moment. Encore faut-il calculer ce calendrier plutôt que de le deviner.
Choisir le bon animal au bon âge
Un mouton peut atteindre son format adulte vers neuf ou dix mois avec une alimentation intensifiée après le sevrage. Passé dix-huit mois, un mouton déjà bien formé peut être engraissé en seulement deux à trois mois — c'est la fenêtre la plus rentable pour une embouche courte calée sur la Tabaski. Acheter un animal trop jeune ou trop maigre oblige à une embouche plus longue, donc plus coûteuse en aliment, pour un résultat final pas nécessairement meilleur.
Ce qu'on peut réalistement attendre en croissance
Après le sevrage, une amélioration de l'alimentation par complémentation ou ration intensive produit des gains journaliers le plus souvent compris entre 75 et 125 grammes par jour, pouvant atteindre 150 g/j dans les meilleures conditions. Les mâles croissent plus vite que les femelles, un écart qui s'exprime surtout après le troisième mois — un argument de plus pour cibler les mâles à l'embouche.
Le poids et la vigueur d'un agneau ou d'un chevreau dépendent aussi de la nutrition de la mère en fin de gestation : une mère mal nourrie pendant cette période produit des petits 30 à 50 % plus légers à la naissance que la normale, un retard qui pèse sur toute la suite de la croissance.
Les trois façons de conduire une embouche
L'embouche intensive ou feed-lot apporte toute l'alimentation à l'auge, en zéro pâturage — la plus rapide, mais la plus dépendante du prix de l'aliment acheté. L'embouche herbagère s'appuie sur le pâturage naturel ou amélioré, avec une complémentation limitée — plus lente, mais moins coûteuse en intrants achetés. L'embouche paysanne, pratiquée à l'échelle d'une exploitation familiale, combine souvent les deux : ressources de la ferme en base, complément acheté sur la période clé avant la vente.
Ne pas sous-estimer les besoins en fin d'engraissement
Les besoins alimentaires d'un bélier en croissance-engraissement montent avec le poids vif : à titre d'exemple, un animal de 20 kg d'entretien demande environ 0,31 UFL et 24 g de MAD par jour, contre 0,75 UFL et 79 g de MAD à 170 kg. Sous-alimenter un animal en fin d'embouche, au moment où ses besoins sont les plus élevés, ralentit exactement la phase où l'on cherche le maximum de prise de poids.
Chèvres : un calendrier de reproduction à anticiper
Pour qui élève aussi des chèvres, la gestation dure environ 150 jours (cinq mois). Un sevrage tardif, vers trois mois, donne de meilleurs résultats qu'un sevrage précoce en élevage familial, à condition d'habituer le chevreau au concentré avant le sevrage, dans une crèche qui lui est réservée. Mettre le fourrage au râtelier plutôt qu'au sol limite le parasitisme et le gaspillage.
Suivre les dates de saillie pour caler la mise bas avant la période d'embouche est exactement le calcul que fera BanGestation, actuellement en préparation chez Bangri pour six espèces dont la chèvre.
Le calcul qui décide de la marge
L'embouche ne vaut le coup que si l'écart de prix obtenu à la vente dépasse le coût de l'aliment consommé pendant la période d'engraissement. C'est le même principe détaillé dans notre article sur les leviers pour réduire le coût d'alimentation du bétail : cibler la complémentation sur les animaux qui la rentabilisent, plutôt que de la répartir sur tout le troupeau.
