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Calendrier de vaccination et de vermifugation en élevage porcin
Dans une porcherie, la plupart des pertes ne viennent pas d'une grande épizootie mais de l'accumulation de petites négligences : un porcelet non supplémenté en fer, une truie non vermifugée avant la mise bas, un rappel de vaccin oublié. Un plan sanitaire écrit et respecté coûte peu et évite beaucoup.
Ce qui suit est le plan sanitaire de base du Mémento de l'agronome (CIRAD), organisé par catégorie d'animaux. Il doit être adapté à votre situation locale avec un vétérinaire : la pression parasitaire, les maladies présentes dans la région et les produits disponibles varient d'un pays à l'autre.
Les truies : du pré-troupeau au sevrage
Avant l'entrée en reproduction, les cochettes reçoivent des cures minérales, avec un rappel à cinq mois, et un vaccin rouget en prévention des arthrites et des avortements. Le Mémento signale que parvovirose et rouget sont les vaccinations indispensables pour les cochettes et les reproducteurs.
Dès la confirmation de gestation — vers le trentième jour en moyenne —, une cure minérale polyvalente est administrée chaque mois jusqu'à la mise bas.
Au 90e jour de gestation viennent les vaccins contre les maladies néonatales précoces des porcelets. Le principe est important à comprendre : on vaccine la mère pour protéger la portée. Les anticorps passent dans le colostrum et couvrent les porcelets pendant leurs premières semaines, quand ils sont le plus vulnérables et trop jeunes pour être vaccinés eux-mêmes.
Au 100e jour, traitement antiparasitaire interne avec un anthelminthique, idéalement après un contrôle parasitaire. Au 108e jour, à l'entrée en salle de mise bas : toilette de la truie à l'eau tiède avec brossage, et déparasitage externe — sans oublier les oreilles, où la gale se loge.
Au 110e jour, un lest alimentaire prévient la constipation : 500 g de son par jour pendant trois jours, puis 1 kg pendant deux jours, puis 2 kg pendant deux jours. Au sevrage, vaccin rouget et injection de vitamines A, D3 et E. Deux à trois jours après le sevrage, traitement antiparasitaire général avec un anthelminthique, et si nécessaire un antiparasitaire externe.
Les porcelets : les quatre semaines qui décident du reste
Au premier jour, la température du local doit être de 30 °C. On désinfecte et raccourcit le cordon ombilical, on coupe la queue au niveau des dernières vertèbres coccygiennes et les pointes des canines, et on répartit les porcelets en surnombre sous d'autres truies ayant récemment mis bas.
Au 3e jour, injection de fer contre l'anémie ferriprive : sels de fer dextran à 150-200 mg par tête, ou fer par voie buvable. C'est l'intervention la plus rentable de tout le calendrier — un porcelet anémié ne rattrape jamais complètement son retard.
Au 10e jour, traitement contre le parasitisme précoce, notamment les strongyloïdés, avec des pâtes orales spécifiques. Entre le 10e et le 15e jour, castration des mâles si elle est pratiquée. Au 14e jour, on commence à distribuer l'aliment porcelet au sol, sur papier ou sur planche, avant de le passer en augettes accessibles vers le 17e jour.
Au sevrage, la température du local suit une descente progressive : 26 °C la première semaine, 24 °C la deuxième, puis diminution jusqu'à 19-20 °C quand les animaux atteignent 20 kg. On constitue des lots homogènes, on veille à l'aération et à la qualité de l'eau de boisson. Quatre jours après le sevrage, vermifugation contre les ascaris et les strongles.
Les verrats : un rythme régulier plutôt qu'un calendrier
Traitements antiparasitaires internes avec des anthelminthiques spécifiques, deux à trois fois par an, en suivant les indications des contrôles. Rappel du vaccin rouget tous les six mois, en dehors des périodes de service intensif. Cure minérale et vitaminique polyvalente une fois par mois, pour les aplombs.
La gale mérite une surveillance particulière : traitement complet à deux reprises à cinq jours d'intervalle si nécessaire, à renouveler tous les deux mois par brossage. Le Mémento recommande d'éliminer l'animal en cas de récidive — un verrat galeux contamine toute la porcherie.
Les porcs à l'engrais : deux vermifugations, et de la surveillance
Le protocole est court. À la réception des porcelets, répartition par poids et léger rationnement alimentaire pendant la première semaine, le temps de l'adaptation. Vermifugation au 8e jour, puis de nouveau au 30e jour.
Le Mémento mentionne, pour les 15 premiers jours, un aliment supplémenté destiné à limiter le stress d'adaptation et les contaminations bactériennes. Cette pratique est aujourd'hui à reconsidérer : l'usage systématique d'antibiotiques en prévention favorise l'antibiorésistance, dangereuse pour les animaux comme pour les humains. Les antibiotiques ne devraient être utilisés que sur diagnostic, jamais en routine ni comme facteur de croissance. Une bonne ambiance, une densité raisonnable et de l'eau propre font le même travail sans le risque.
Ce qu'aucun vaccin ne protège : la peste porcine africaine
Il faut le dire clairement, parce que c'est la première cause d'effondrement d'une porcherie en Afrique centrale et de l'Ouest : la peste porcine africaine n'a ni traitement ni vaccin disponible. Elle est mortelle et à déclaration obligatoire.
La seule protection est la biosécurité : contrôler qui entre dans la porcherie, isoler tout animal nouvellement acquis avant de l'introduire, ne pas donner de déchets de cuisine contenant du porc, désinfecter les véhicules et les bottes, clôturer pour éviter tout contact avec des porcs errants ou sauvages.
En cas de mortalité soudaine et importante, n'essayez pas de traiter : appelez immédiatement un vétérinaire ou le service local d'élevage. C'est une obligation légale, et c'est ce qui protège aussi les élevages voisins.
Quatre précautions qui valent pour tous les produits
N'utilisez que des produits disposant d'une autorisation de mise sur le marché valide dans votre pays — au Cameroun, la liste des médicaments vétérinaires homologués est publiée par le MINEPIA. Repérez la substance active, pas seulement le nom commercial : le même principe actif se vend sous plusieurs marques, à des prix très différents.
Respectez la chaîne du froid des vaccins, entre 2 et 8 °C, du point de vente jusqu'à l'injection. Un vaccin qui a chauffé ne protège pas, mais donne l'illusion d'avoir vacciné.
Respectez le délai d'attente indiqué avant de consommer ou de vendre la viande. Les résidus de médicaments dans la viande sont un problème de santé publique, et une raison de refus à l'abattoir.
Alternez les molécules anthelminthiques d'un traitement à l'autre. Utiliser toujours le même vermifuge sélectionne des parasites résistants, et le produit finit par ne plus rien faire.
Tenir le calendrier, pas seulement le connaître
Un plan sanitaire ne vaut que s'il est appliqué au bon jour, sur le bon animal. Avec dix truies décalées, c'est déjà une trentaine d'échéances à retenir chaque mois — c'est exactement ce qu'un carnet papier laisse filer.
BangPig enregistre les vaccinations, les vermifugations et les examens vétérinaires animal par animal, et déclenche des rappels automatiques à partir des dates de saillie et de mise bas. Pour les bases de la conduite d'un élevage porcin, voir aussi notre guide sur comment bien démarrer un élevage porcin.
Aller plus loin avec BangPig
Remplace le carnet papier : identification, reproduction, santé et statistiques de la porcherie, du sevrage à la vente.
